
The Office (version US ici, je vous recommande la version UK également) est une série américaine créée par Michael Schur (à qui l’on doit les excellentes séries The Good Place, Parks and Rec, Broolyn 99) et Greg Daniels (Space Force, King of the Hill …). Basée sur la série éponyme créée par Ricky Gervais et Stephan Merchant, on y suit le quotidien d’une succursale d’une société, Dunder Mufflin, qui vend du papier dans la (pas si petite) ville de Scranton, Pennsylvanie. Le tout à travers les yeux d’une équipe de tournage qui suit les employés quasiment 24h/24.
Je ne vais pas revenir en long, en large et en travers sur pourquoi cette série fonctionne, il y aurait tellement à dire qu’il faudrait sûrement que j’en ouvre un blog, et certains l’ont fait bien mieux que moi ! Si je veux vous parler de cette série, c’est surtout pour un point qui marque particulièrement les spectateurs et qui mérite qu’on s’y attarde en tant qu’improvisateur : les personnages.
En tant qu’improvisateur, j’en ai tiré pas mal de choses, et si vous avez déjà regardé la série, je vous invite à vous y replonger en observant ce que je vais vous énoncer dans quelques mots (sinon, foncez si vous en avez la possibilité !):

- Le jusqu’au-boutisme des personnages.
En format court, on n’a pas souvent l’occasion d’explorer nos personnages de fond en comble. En format long, cependant, ce temps nous est laissé et c’est là où ce premier point est le plus à même de nous aider : explorer vos personnages en poussant loin leurs traits de caractère, leurs hobbys.
On peut avoir tendance à se freiner, parce qu’on ne souhaite pas prendre de la place dans l’improvisation, mais je vois ça comme un cadeau fait à l’autre ; avec parcimonie, on donne aux autres des informations sur notre personnage, on trouve le jeu qu’il suit !
- Les relations simples et efficaces.

Entre les personnages règnent des relations simples et vite compréhensibles : Jim aime Pam, Dwight ne supporte pas Jim mais est en vénération devant Michael, Michael aimerait bien se faire plus d’amis car il se sent très seul mais ne sait pas comment s’y prendre, etc.
Ces relations simples mettent en place rapidement les dynamiques des scènes et surtout, permet de rendre vraiment unique un changement dans la dynamique d’une relation : quand Dwight est gentil avec Jim, par exemple, cela nous touche particulièrement. Pensez-y : est-ce que j’aime ou est-ce que je ne supporte pas ce personnage ? À noter que ce qui fonctionne, c’est l’asymétrie des relations, ne copiez pas nécessairement l’autre !

- Le contexte est un prétexte.
Le contexte de travail des personnages est un prétexte pour parler de leurs relations : certains personnages aiment leur job parce qu’ils s’y épanouissent, y sont dévoués, ou n’ont rien d’autres dans leurs vies. Tandis que d’autres ne trouvent pas de sens parce qu’ils sont pommés, parce qu’ils veulent être aimés.
Et toute cette galerie hétéroclite se retrouve liée par ce travail. Ils parlent rarement de leur activité tout au long de la série, et à vrai dire, ils y consacrent peu de temps.
- Les apartés
Les apartés existent depuis longtemps dans le théâtre. Mais la frilosité de s’en emparer dans le théâtre d’improvisation se comprend facilement : on mange du temps de jeu pour parler de soi. Vraiment ?
Une des forces des apartés de The Office est qu’elles servent plusieurs aspects, et ce sans fioriture :
- Le ressenti du personnage interviewé par rapport à une situation.
- La dynamique des relations (avec de l’ironie dramatique par exemple).
- L’histoire en général (apport d’information pour comprendre une situation).
Comme au théâtre, le but est de donner plus d’informations aux spectateurs afin de leur faire voir les scènes sous un autre jour. En improvisation, le but de ces apartés sera de donner des informations aux autres (l’acteur le sait, le personnage ne le sait pas !) et d’explorer notre personnage plus en profondeur. Comme pour le jusqu’au-boutisme, ce n’est pas prendre du temps de scène pour soi, mais des cadeaux pour les autres ! À utiliser avec parcimonie bien entendu.

Bref, je vous recommande chaudement cette série ! Bien entendu, elle n’est pas la seule à exceller dans les points que j’ai cités, mais elle les illustre à merveille sans chichi. La série est visionnable sur Netflix et Amazon Prime. La saison 1 n’est pas top (trop proche de la version UK, sans vraiment s’assumer), mais elle permet une bonne introduction aux personnages, et elle est courte !
Merci à @EdChirac pour la relecture et signalisation de l’erreur sur le caractère non fictif de Scranton !
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